Marcher sur la morale. Boire du thé noir enveloppé de rouge et d’or. Transformer son prince
en grenouille. Lire Colette. Poursuivre son plan. Et respecter la vérité. Lacer le jaune. Mesurer
les choses. Emmêler les pétales. Et enfiler le carreau. Sculpter les légumes. Lancer les souvenirs.
Et dénicher à la recyclerie. Et puis lire Proust. Flâner en amoureux. Et s’embarquer. S’équilibrer
d’une rose. Dans le sable. S’arrondir d’une confiture. Agrandir la boucle. Prendre un café Plein
Sud. Enlacer sa peau. Déclarer sur le papier. D’une fille à sa mère. Et encore lire Perec. Sur les
toits orangés. Aligner les livres rouges. Faire voler les violets. Et briller le cristal. Sous l’équilibre
végétal. Et l’ombre du blanc. Puis trancher le motif. Et piquer l’iris. Faire scintiller l’anneau. D’un
bleu maternel. Sur les genoux. Porté par le bleu. Et passer par la cheminée. En examinant la
feuille. Et le jeu d’un enfant. Sans jamais oublier son péché. Des plus chocolatés. En suspens de
dentelle. Un amour en cage envolé. D’un flacon échappé. Faire mouche. Et toujours
déconstruire. Puis réécrire son histoire. A travers un regard.



Tel un cadavre exquis, Les Choses dresse le portrait en creux d’une femme à travers ses objets, ses
souvenirs, ses habitudes, ses lieux, ses secrets. Suite à la rencontre de Suzette, j’ai établi un protocole
créatif et à la manière d’un archéologue j’ai prélevé chez elle des traces de son histoire, enregistré sa
voix et emprunté ses habitudes pour recomposer une nouvelle histoire entre elle et moi. De notre
rencontre, une poésie est née entre les objets, les couleurs, les lieux, la mémoire, dévoilant la vie d’une
femme à travers ses Choses.


Le projet est accompagné d’une création sonore où l’on entend Suzette raconter l’histoire de ses
souvenirs, de ses objets, de ses habitudes et nous porte vers les images.

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